Histoire du Pays Basque

par soleil hendaye pays basque  -  7 Janvier 2007, 21:33  -  #Histoire Pays Basque


HENDAYEHALL.jpg

Les Origines

 

    Une question a longtemps intrigué les scientifiques : quelle est l'origine des Basques ? Il n'était pas du tout aisé d'y répondre. Il existait peu de doute quant aux groupes humains qui environnaient les Basques. En effet, dans l'ensemble, la plupart des peuples de l'Europe ne posaient pas de problème particulier ...mais les scientifiques n'avaient pu intégrer le Pays Basque / Euskal Herria dans leur science. Face à cette énigme, toutes sortes de théories commencèrent à fleurir à propos de l'origine des Basques : pour certains ils étaient venus de l'Est ... pour d'autres d'Afrique ... de Finlande ...

 

    Il semblerait que la vérité soit toute autre, mais elle n'a été révélée qu'au début du XXème siècle, lorsque commença l'étude sérieuse des vestiges découverts à travers tout le Pays Basque. dolmens, cromlechs, grottes ... Chercheurs infatigables, les préhistoriens Enrique Eguren, Telesforo Aranzadi et Joxemiel Baran obtinrent des résultats considérables.

 

    C'est grâce à eux que l'énigme trouva sa réponse : les Basques, n'étaient venus de nulle part, ils étaient simplement nés sur place. Exanimons cela de plus prés.

 

    L'être humain existait sur ces terres, il y a 150 000 ans, mais nous n'en connaissons pas grand chose. Il semble qu'il ait été chasseur et qu'il chassait notamment les taureaux et les éléphants.

basque-origine.jpg

 

    Plus tard, environ entre 80 000 et 40 000 ans, un être humain que l'on a baptisé Homme de Néanderthal et qui s'était répandu dans toute l'Europe s' établit également dans cette région de l'Europe. Il vivait lui aussi de la chasse et il semble qu'il appréciait particulièrement les mammouths, les chevaux, les bouquetins ... mais beacoup moins les lions.

 

    Lorsqu'il disparut, un autre être humain, l'Homme de Cro-Magnon colonisa l'Europe. Il se fixa aussi sur le territoire du Pays Basque, il y a quelques 30 000 ans. Ce type d'être humain auquel les scientifiques ont donné le nom d'Homo Sapiens Sapiens est identique à celui de l'homme actuel. Trés habile, il apprit à fabriquer quantité d'outils et peignait sur les parois des grottes. C'est donc l'un des premiers artistes connus, et non des moindres, dont on peut en admirer les oeuvres dans les grottes de Santaminé, Isturitz / Etxeberriko Karbia, Altxerri et Ekain.

 

    Au fil des années, l'Homme de Cro-Magnon se serait progressivement adapté à l'environnement local et son apparence se modifia jusqu'à devenir l'homme que nous connaissons aujourd'hui. Bien que cette théorie fût encore récemment admise, elle doit être vérifiée par de nouvelles découvertes.

 

    Voilà donc où nous en sommes : les Basques ne viennent de nulle part, du moins depuis la préhistoire. C'est l'Homme de Cro-Magnon qui vint en Europe. Par conséquent, la question à se poser est la suivante : D'où venait donc L'Homme de Cro-Magnon ? Mais c'est là une autre histoire

 

La Langue Basque

 

    Au cours de la longue histoire du Pays Basque, l'euskara, la langue Basque, a été et demeure ce qui fait des Basques un peuple. C'est si vrai que le nom du pays est étroitement lié à celui de sa langue : Euskal Herria ( le Pays Basque) = Euskararen Herria ( le Pays de la langue Basque), euskaldun ( Basque) = euskara dun ( celui qui possède la langue basque). Par conséquent, le seul critère utilisé pour distinguer les Basques de ceux qui ne le sont pas a été la langue, et uniquement la langue. Les peuples qui se désignent ainsi par la connaissance de leur langue sont trés peu nombreux dans le monde.

 

    Comme au sujet de l'origine des Basques, toutes sortes d'idées ont été avancées au cours des siècles à propos de leur langue. Mais alors que le problème d'origine semble résolu, celui de la langue reste dans l'obscurité la plus complète. L'une des théories, autrefois la plus répandue, affirmait que c'était Tubal, le neveu de Noé, qui avait apporté la langue Basque de la tour de Babel. Quoi qu'il en soit, il est prouvé que l'euskara est parlé au Pays Basque depuis la préhistoire, il y a plus de 8000 ans, et que c'est la seule langue de cette époque encore vivante en Europe occidentale.

 

    La langue Basque faisait certainement partie d'une faille linguistique qui devait exister alors et à laquelle les langues voisines devaient probablement appartenir. Mais les mouvements de population ayant eu lieu depuis détruisirent les autres langues de l'Europe occidentale, les faisant disparaître à jamais ... excepté la langue Basque.




    C'est pourquoi, étant trés différente des langues environnantes, il est impossible de l'apparenter aux familles linguistiques actuellement établies et elle forme une famille linguistique à elle seule
La conscience que les Basques ont pu avoir vis à vis de leur langue a varié avec le temps. A l'origine, c'était pour eux  la langue des êtres humains, la seule possible, ce qui explique que l'on nomme encore belarrimotz (littéralement  "oreilles courtes", c'est à dire " sourd") celui qui ne la comprend pas, et erdara toute langue autre que le basque. Ce phénomène s'est également produit chez tous les peuples et les Romains, par exemple, appelaient barbares tous les peuples différents.

 

    Longtemps après le moyen âge, la situation commença à changer. Les langues populaires récemment nées du Latin, seule la langue utilisée pour l'écriture, commencèrent à entamer l'espace naturel de la langue basque.

 

    Le basque n'ayant aucune parenté avec le Latin ou avec les autres langues, il était considéré comme une langue sauvage, impossible à apprendre et à écrire. Ce n'est donc pas une coïncidence si l'auteur navarrais Bernard Etxepare écrit dans le premier ouvrage imprimé en basque en 1545 :
Les autres gens croyaient / qu'on ne pouvait l'écrire / A présent ils ont la preuve / qu'ils étaient fourvoyés. Dans ce contexte, les différentes institutions du Pays Basque choisirent le
Français ou l'espagnol pour rédiger leurs documents, alors que la majorité des habitants ne parlaient que le basque. C'est ainsi que les langues latines devinrent les langues des personnes cultivées, l'écriture et la lecture étant liées à la connaissance du latin, du français, du castillan, de l'occitan ...

 

    Cette situation curieuse ( institutions francophones ou hispanophones et population bascophone) valorisa le français et l'espagnol, affaiblissant ainsi la confiance en langue basque. Par la suite, le temps suivant son cours, les attaques contre la langue basque se firent de plus en plus féroces. Déjà au 17 eme siècle, certains déploraient la triste situation dont souffrait la langue basque ainsi que les châtiments corporels, les punitions et les humiliations infligées aux enfants dans les écoles ...En conséquence, le recul de la langue basque s'accéléra en Alava, au 18 ème siècle dans l'ensemble du pays Basque.

 

    Aujourd'hui, la langue basque, et donc le peuple basque se trouve dans une situation dramatique... car ainsi que nous l'avons expliqué, les Basques fondent leur identité sur leur langue. La récupération de l'euskara, c'est le plus grand défi que les Basques ont à relever pour l'avenir, surtout si l'on tient compte du fait que la Constitution française ne reconnaît toujours pas pas la diversité linguistique de l'hexagone.



                                                                                                                              La Maison


    Dans la société basque, la maison - etxea - a toujours représenté bien plus qu'une simple construction vide destinée à l'habitation. La maison était la base et le noyau de la vie des Basques. La maison et les terres lui appartenant - etxaldea - étaient placées au dessus de tout autre chose et elles étaient l'objet de tous les travaux quotidiens.
Au cours de ce long voyage à travers le temps que parcourt la maison, que ses habitants ont reçue de leurs ancêtres et qu'ils transmettront à leurs descendants, les personnes qui y demeurent ne sont que de simples maillons. C'est pourquoi la maison ne leur appartient pas, ce sont eux qui appartiennent à la maison.

    La maison basque posséde son identité propre, son nom qui est celui que prennent ses habitants. Ceux qui y vivent et ceux qui y vécurent dans le passé, c'est à dire les morts et ceux qui vivent ailleurs sans descendance y ont leur propre demeure. Jadis, la maison basque était également un lieu d'inhumation. Récemment encore, on y enterrait les enfants non-baptisés sous son toit ou dans son jardin. Par ailleurs, chaque maison possédait sa place réservée - jarlekua - qui lui était étroitement liée dans l'église.

    C'est pourquoi la maison basque a toujours était considérée comme étant quasiment un lieu sacré. Dans le fort de Biscaye, par exemple, la maison jouissait du droit d'asile, à l'instar de l'église, et il était interdit d'arrêter quiconque s'y réfugiait. Le fait d'être le maître de maison - etxekojauna - ou la maîtresse de maison - etxekoandrea - revêtait une grande importance dans la societé, et ce titre donnait le droit de participer à la vie du village à travers les biltzars ou les travaux de la communauté... La conservation de l'intégrité de la maison étant le but primordial, lorsque les parents décèdent, les biens ne se partagent en aucune manière entre leurs enfants.

maison-basque.jpg

En effet, si c'était le cas et que chacun obtenait un petit lopin de terre, ce ne serait pas suffisant pour vivre et cela représenterait la ruine de la maison. Pour éviter cela, les parents choisissent un de leurs enfants, qui peut aussi bien être un fils ou une fille. En général c'est l'enfant le plus âgé qui sera l'héritier, c'est ce que l'on appelle le système du majorat.

    Il peut arriver que celui-ci ne le veuille pas ou que les parents en choisissent un autre qui leur paraisse davantage capable d'assurer la continuité de la maison. Les autres enfants doivent faire la vie ailleurs, aidés en cela par la dot - ezkontsari / petxue - qui leur est donnée par l'héritier. Quoi qu'il en soit, s'ils ne se marient pas, ils ont la possibilité de rester dans leur maison natale en aidant l'héritier dans ses tâches. Ainsi, la continuité de la maison est garantie. C'est ce qui explique la permanence surprenante des maisons basques. Dans certains villages, on peut retrouver les mêmes maisons qui existaient il y a cinq ou six siècles, et ce sont parfois les mêmes familles qui continuent à y vivre.

    En Pays Basque nord, la révolution française (1789) fit dépérir cette forme d'héritage. Les enfants étant désormais égaux, la maison et ses propriétés devaient être divisées entre tous, ce qui engendra d'importants problème pour la société, en particulier au début de l'applications de nouvelles lois. Depuis, pour respecter la loi, la maison et ses terres sont partagées, mais ensuite, l'héritier choisi rachète leurs parts à ses frères et soeurs. Cependant, il arrivait fréquemment qu'il ne parvienne pas à réunir la somme nécessaire à acheter toutes les parts, ce qui a entraîné la destruction de nombreuses maisons.

    Souvent, lorsque la maison était en danger d'être démembrée, l'un des enfants émigrait en Amérique avec un seul objectif : gagner suffisamment d'argent pour sauver la maison natale. Nombreuses sont les maisons basques qui ont été préservées par l'argent envoyé d'Amérique. Dans tous les cas, le principal critère de la famille est la conservation de la maison.



Les Travaux de la Terre


    Comme l'activité pastorale, l'agriculture est apparue au Pays Basque il y a environ 5 000 ans. Au début, cette nouvelle activité se répandit dans les plaines d'Alava, de Navarre et du Labourd, car c'étaient les plus appropriées à la culture. Dans le reste du Pays Basque, montagneux et couvert de forêts, c'est l'activité pastorale qui était devenue le moyen de subsistance le plus répandu. Quoi qu'il en soit, un peu plus tard, le plus courant sera d'alterner les deux.

    Les fermes possédaient trois ou quatre vaches, quelques chevaux, des brebis, des porcs et des poules, sans oublier une paire de boeufs. La manière de diviser le temps était étroitement liée à l'agriculture, ainsi qu'on peut observer dans les noms de certains mois. L'année des cultivateurs, des laboureurs, commençait en novembre, azaroa qui signifie la maison des semailles.

    Dans certains dialectes, le mois d'avril se dit jorrailla, c'est à dire le mois du sarclage,  et le mois de mai, ostoilla ou orilla, mois des feuilles. En certaines régions du Guipuzcoa et de Navarre, on nomme juin garagarilla, mois de l'orge.  Le mois de juillet se dit uztaila, mois du blé, le mois d'août, se dit agorrilla, mois de la sécheresse ; septembre, iraila, mois des fougères, et octobre, urrilla, le mois des noisettes.


euskalherria3.gif

    Dans la zone humide dont les eaux se jettent dans l'Atlantique, on cultive notamment du mais, du navet pour le bétail, des légumes et des pommes. En revanche, dans la partie sud du Pays Basque, c'est à dire sur le versant Méridional, on cultive surtout du blé, mais la vigne y est également trés répandue. Ainsi que nous l'avons dit, les travaux commençaient en février par le labourage des terres qui s'effectuait à l'aide de laias ou avec une charrue. puis on semait, et afin que les graines soient bien enfoncées dans la terre, on passait un outil appelé are.

(La Navarre (en basque Nafarroa, en espagnol Navarra) désigne un territoire situé sur les deux versants de l'extrémité occidentale de la chaîne pyrénéenne, autour d'un axe Saint-Palais - Pampelune - Tudela, qui constitue son cœur historique, correspondant au royaume médiéval de Navarre. Ce territoire a évolué au cours des siècles, son extension et son unité ayant été modifiées par des événements militaires, diplomatiques ou dynastiques internes et externes.

La Navarre renvoie donc à trois réalités historiques et juridiques indissociables mais distinctes :

    le Royaume de Navarre : royaume hispanique médiéval, divisé en deux au XVIe siècle.
    la Communauté forale de Navarre (ancienne Haute-Navarre), communauté autonome d'Espagne dont la capitale est Pampelune.
    la Basse-Navarre, qui correspond à la partie septentrionale de l'ancien Royaume de Navarre, aujourd'hui intégrée au département français des Pyrénées-Atlantiques. Sa « capitale » est Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle constitue une des sept provinces basques.)
suite
    Pour casser les mottes de terre, on employait l'essi ou narra. Vers février, on bonifiait les terres avec le fumier, zimaura / gorrotza. Avec le printemps venait le temps du sarclage que l'on faisait à la pioche - aitzurra -, et enfin, l' été, la saison de la récolte - uzta - des fruits du travail de l'année que l'on réalisait à l'aide de la faux - sega - ou de la faucille, igitaia. Ensuite, on battait le blé pour séparer les grains de la paille.

 

Sylvaindu29 07/04/2008

C'est très intéressant.Une région qui ne demande qu'à être visitée...Bonne soirée.