Le Fort de Guadalupe à Fontarrabie

par soleil hendaye  -  14 Juillet 2007, 16:05  -  #Documentaires

Le Fort de Guadalupe à Fontarrabie (1900-2000) Juan Antonio Saez Garcia

  Pays Basque

 

Le Fort de Guadalupe à Fontarrabie est une construction de type militaire, le plus grand fort des trois qui furent construits et composaient le Camp retranché de Oiartzun au Pays Basque. Il est situé sur le versant nord-est du mont Jaizkibel, très proche du Sanctuaire de Guadalupe à Fontarrabie. Il a été construit entre 1889 et 1900. Sa base est trapézoïdale et il est organisé autour d'une cour intérieure.

 

Le fort de Guadalupe est une des constructions défensives les plus belles de Fontarrabie.


 

La ville de Fontarrabie au Pays Basque est située  face à Hendaye. 500 mètres séparent les deux villes par la mer.
 

    Dès la fin de la  III° guerre carliste en 1876, le gouvernement espagnol vit la nécessité d’organiser les défenses de la frontière avec la France, depuis Saint-Sébastien et le port de Pasajes et – ce faisant – de s’assurer la mainmise sur le territoire avant une possible intervention carliste. Pour étudier cette question, entre 1876 et 1884, il y eut une série de commissions militaires pour déterminer, dans le cadre de la défense pyrénéenne, un camp retranché autour d’Oyarzun.

 

    Le concept de camp retranché se substitua au système défensif des places fortes - devenu obsolète, eu égard aux nouvelles techniques de guerre – surtout en matière de portée et d’exactitude de tir apportée par l’artillerie.

 

    Un camp retranché peut se définir comme un ensemble de fortifications permanentes, situées  en altitude sur certains points d’un territoire, se protégeant mutuellement et protégeant les effectifs militaires évoluant à proximité.

 

    Le projet du camp retranché était constitué par une première ligne de forts près de la frontière française : Guadalupe, Jaizkibel, Arkale, Belitz, Erlaiz et San Marcial, formant un arc de cercle autour d’Oiartzun, Fuenterrabia et Irun. Une seconde ligne de forts fut établie avec ceux de San Marcos et Txoritokieta. Pour des problèmes économiques, seuls furent élevés ceux de San Marcos (1888), Txoritokieta (1890) et Guadalupe (1900), les travaux d’excavation débutant à Erlairtz.

 

    Lesdits forts sont similaires à ceux construits en France entre 1874 et 1885 par l’ingénieur français Raymond Séré de Rivières (1815-1885). Sa technique de construction et son style devinrent rapidement obsolètes. D’une part, les forts de ce type furent pensés en fonction des possibles positions de l’artillerie ennemie et, d’autre part, ils ne prévoyaient pas la possibilité d’attaques aériennes. De plus, l’artillerie elle-même évolua rapidement, augmentant les calibres et les cadences de tir et améliorant les munitions. Ainsi, face aux impacts des nouveaux et toujours plus puissants obus-torpedo (1885), s’opposaient des constructions de béton non armé, « blindés » par une couche de terre ou de sable compact qui ne pouvaient éviter leurs effets destructeurs.

 

    La dispersion des batteries (Festen allemands entre autres) et, plus tard, l’emploi massif de béton spécial (h.1895), de béton armé (h. 1910), de cloches d’acier (déjà très étendues en Europe en 1900) puis les lignes Maginot et Siefried, respectivement en France et en Allemagne, furent les solutions appliquées en Europe, sans équivalent en Guipuzcoa.

 

    Le Fort de Notre-Dame de Guadalupe au pays basque est le plus important des trois construits alors avec la ferme intention de former le Camp Retranché d’Oiartzun. Il est situé dans le secteur Est du mont Jaizkibel qui ferme le village de Fuenterrabia, au nord-est du sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe qui lui a donné son nom.

 

    Le projet définitif fut arrêté par le chef des ingénieurs Juan Roca y Estades, qui prit pour référence le projet initial réalisé par la Commission chargée de l’étude de la défense des Pyrénées en Guipuzkoa.

 

    Situé à 190m d’altitude, le danger pouvait venir du poste français de Biriatou à côté d’Hendaye qui le dominait et, dans une moindre mesure, de l’escalade du Mont Jaizkibel par l’ennemi (où il était également prévu de bâtir un fort) ou des tirs d’artillerie venant de la mer. Du territoire de Guipuzkoa, en principe, aucune attaque n’était envisageable vu que le reste des positions élevées seraient occupées – au moins en projet – par les autres forts faisant partie du Camp retranché. Dans tous les cas, c’eut été le premier à combattre en cas d’invasion française.

 

Le fort est constitué de trois œuvres, dénommées du Centre, de la Droite et de la Gauche.

 

    L’œuvre du Centre dispose d’un front de 111m de longueur. Il possède un parapet extérieur de 8,5 m d’épaisseur et 1,80 m de hauteur intérieure, dirigé vers la fosse, reposant sur un mur de ciment de 1,2 m de haut d’où sort une  barre métallique haute de 3,5 m. Le terre-plein de combat (où se trouvaient les canons) a une largeur de 6,5 m sur lequel on pouvait envisager jusqu’à 8 pièces de gros calibre. Sous la travée centrale on trouve un magasin de munitions. Le talus intérieur descend sur 1m50, en angle de 30°, sur un terre-plein de circulation de 3,5 m de large, communicant en souterrain avec l’œuvre Gauche.

 

    L’œuvre de droite se compose de trois fronts et d’une batterie découverte au sud. Les fronts Est et Nord-Est et la batterie Sud, possèdent une organisation pratiquement similaire à l’œuvre du Centre.

 

    L’œuvre de Gauche compte trois fronts et une batterie à découvert. En relation avec les deux autres œuvres, elle débouche sur une galerie souterraine, formant la défense de l’ensemble.

 

    Sur le front Nord-Ouest s’érige une grande construction rectangulaire à l’épreuve des bombes, sur trois étages. L’étage inférieur sert au logement de 120 hommes de troupe, à la suite de la galerie. L’étage intermédiaire fait office de chambrée d’une capacité de 276 hommes avec magasin de munitions, communiquant avec l’étage supérieur au moyen d’un monte-charge.

 

    La garnison du fort fut estimée en un bataillon d’infanterie (environ 500 hommes), une compagnie d’artillerie (environ 100 hommes) et quelques petits détachements d’administration militaire, sanitaire et de sapeurs mineurs.

 

    L’armement se composait de 44 pièces d’artillerie : 22 canons ; 7 obus de 21 ; 6 canons de bataille ; 6 canons à tir rapide ; 3 mitrailleuses.

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Le fort était alimenté en eau courante.

 

Depuis la fin de sa construction, il eut à souffrir – pour moins de 2 mois et de façon limitée - de la Guerre Civile 1936-1939, pendant lesquels il servit de prison. Le fort resta militairement actif (quoique obsolète pour la majeure partie des ses fonctions originelles) jusqu’en 1970.

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Quand l’armée abandonna le fort, il fut vidé de tout son contenu (armement, mobilier, machines, etc.). Il s’est ensuite relativement détérioré après un abandon de plusieurs années. Lorsqu’il s’est trouvé dépendre de la Mairie de Hondarribia, quelques travaux de réhabilitation et de nettoyage furent entrepris.

 

    En 1992 le Vice-conseil de Culture du Gouvernement du Pays Basque décida d’inclure le fort dans l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel Basque. Cette inclusion eut lieu par décret du 16 décembre 1994, le fort étant désormais considéré comme Bien culturel, dans la catégorie d’Ensemble Monumental.

 

Le fort peut être contourné librement par l’extérieur.

Le Fort de Guadalupe à Fontarrabie

Maat 14/07/2007

et pour rester dans l'esprit de ce blog, je dirai que - l'évolution aidant - cette construction phénoménale ne servira plus à se protéger d'une attaque française. Un jour - peut-être- verra-t-elle y nicher des colombes, en signe de paix entre les peuples...

cat 07/08/2007

j'apprends plein de choses sur le pays basque, comme quoi même en y habitant je suis loin de tout savoir ... encore bravo et re merci pour votre visite à mon expo sur Hendaye (Médiathèque et Halles) et votre charmant petit mot sur mon livre d'or
cat